jeudi 17 septembre 2020

Thérapeute ou "Thérapute"...?

 

Photo by Marco Bianchetti on Unsplash

Dans cet article, j'avais envie de partager avec vous ma vision du thérapeute et non du "thérapute" ...!
 

Quel est le rôle du thérapeute de mon point de vue :

Une posture à tenir ?
Une confiance à gagner ?
Etre un guide ?

C’est la richesse d’une nouvelle relation qui se construit en dehors de toutes autres relations.

C’est une confiance qui s’instaure peu à peu. En tout cas c’est certainement une responsabilité, un véritable engagement, le mesurons nous lorsque nous sommes à cette place ? Je n’en suis pas certaine. En tout cas, pas tous, toutes... 

Pour moi le thérapeute aide son patient à grandir, en le soutenant, en l’écoutant pour qu’il puisse aussi trouver sa place et qui il est  dans ce monde. Ce peut être un vrai chemin de partages, d’échanges, de complicité, de conseils.

Le/la  thérapeut(e) doit être présent(e) pour guider son patient, être discret(e) pour lui permettre d’avancer sans le gêner. Le patient doit compter sur son thérapeute, pouvoir lui confier ses doutes, ses interrogations ou ses désaccords, dans des moments pas simples à vivre, pas simples à résoudre. 

Pareillement à l'adulte qui veille aux premiers pas de l’enfant, le thérapeute  est derrière le patient, ce qui est rassurant dans un univers inconnu de travail sur soi, mais qui signifie aussi que le patient peut toujours regarder devant soi, qu’il y a un horizon qui s’offre à lui, en toute liberté de choix et d'action. 

Dans cette relation il s’agit bien de co-construire ; je ne peux pas devenir une patiente si le thérapeute ne devient pas le thérapeute et il ne devient pas le thérapeute si je ne deviens pas sa  patiente. Peut être ne s’agit-il pas d’être, mais de devenir ensemble et séparément car le thérapeute et le patient forment une équipe qui n’occupe pas la même place mais qui tracent ensemble et séparément un chemin. Un chemin parfois plein d’inquiétude, parfois paisible où il est bon d’échanger, de dire ce qui va, ce qui ne va pas, ce qui interroge et ce qui interpelle. Un chemin où l'un et l'autre apprennent qui ils sont vraiment, en toute honnêteté, de soi à soi.


Laure Fontaine
www.maison-du-soin.com
Un retour à soi…

mardi 23 juin 2020

Nous vibrons le masque… nous portons le masque…quand décidons-nous de l'enlever ?


Photo de Enzo B sur Unsplash

J’ai écrit ce texte en 2013 à la suite d’un séminaire que j’avais fait avec le chaman que je suivais à l’époque. En parcourant les textes que j’avais sur mon blog je me suis rendue compte que celui-ci était encore d’actualité ! C’est dingue comme la vie n’est que cycles… Déjà, à l’époque il nous parlait de masques. Les masques que l’on se met sur notre essence, sur qui nous sommes, pour plaire et être aimés. Les temps n’ont pas beaucoup changé finalement, et nous avons tellement vibré cela que nous portons les masques en vrai maintenant ! Quand redeviendrons-nous ce que nous sommes ? Quand n’aurons-nous plus cette peur de ne pas être aimé ou de ne pas être à la hauteur ? Que faudra-t-il encore pour que nous comprenions ? Je m’interroge vraiment et cela me met dans un état pas cool du tout. Ce n’est pas faute de se remettre en question et d’aider nos client(e)s, ici à La Maison du Soin, à avoir une autre vision du monde. Mais, au final, en sommes-nous capables ?  

Le monde change ? Ma première cliente à 8H30 me raconte : elle travaille chez Bouygues, panne vendredi et samedi, des travaux ont coupé les câbles sur le réseau... En arrivant travailler, une queue de plus de 70 personnes jusqu'à dehors sur le parking. Elle s'est faite insultée toute la journée et ce, pendant 2 jours parce qu’il n'y avait plus d'internet. Chacun y allant de sa priorité, de la finale de Kho Lanta, en passant par les dessins animés des enfants, le télétravail le samedi... ETC... Elle n'a pas pris de pause pendant 2 jours pour gérer tout cela, c'est mon travail me dit-elle... Toute souriante, et pimpante...C'est quelqu'un de très joyeux ! où allons-nous ? où marchons nous ? Que décidons nous ? ... Moi j'ai juste appris que mon TPE gardait les cartes en mémoires et que je pouvais le brancher sur une autre box ! Cool !!! Voir le verre plein ! 

Voilà l’extrait des enseignements d’Emaho à l’époque : 

" Voilà d'où vient la corruption de l'enfant : je fais des masques de plus en plus. Je deviens intelligent pour ne pas être tapé ou abandonné. Je fais des développements de stratégies pour ne pas être tué. Par contre, le masque de rire je ne peux pas le retenir. Je me demande de quoi j'ai l'air quand je ris. Il y a tellement de masques sur le mur. Mais quel est le vrai visage ? J'ai mis un masque qui faisait que les autres étaient heureux. Un masque pour ne pas décevoir un autre être humain. Puis dans le fond qui suis-je ? J'ai trouvé mon visage en nettoyant le sol par terre, en allant me promener j'ai su que le soleil me connaissait. C'est à travers l'art du travail. Apprenez à connaître votre visage. Votre visage dans la lune, les arbres et le vent. Vous êtes tout seul avec vous même sur cette planète. Peu importe combien de personnes vous aime. C'est un profond silence. Il s'agit de comprendre la solitude de cette société. Le soleil et les planètes sont seuls. Et cela va vous apprendre vous-même. Nous avons de la chance de voir des milliers de visage mais cela ne nous rend pas plus heureux. Les livres avec des clés ne vous rendent pas plus heureux non plus. Les peintures sculptures avec des visages qui souffrent non plus. Vous êtes la formule en elle-mêmeEn soi. Ce sont vos os. Soyez gentil avec ce mental qui est le vôtre. Il est juste comme un enfant. Si vous jouez des jeux avec votre mental, il jouera des jeux avec vous. Apprenez à votre mental à être intelligent avec les autres et votre mental sera intelligent avec vous." Emaho 

Avec amour et gratitude, pour ce que cette situation nous enseigne. Simplement être nous-mêmes, et lâcher-prise, l’univers s’occupe du reste.

Laure Fontaine
Un retour à soi…

lundi 13 avril 2020

Du fond des ténèbres... jaillit la lumière !

Photo de Joshua Sortino sur Unsplash
On pourrait croire que j'ai le temps d'écrire, puisqu'en arrêt total d'activité, et bien, oui et non ! Il me faut me concentrer et décider de faire les choses, car j'ai un peu la tête ailleurs, à vrai dire, en ce moment. Bref... La situation actuelle me fait penser à l'allégorie de la caverne de Platon.
Cet enfermement, ce confinement imposé.

Résumé de l'allégorie :Socrate imagine des êtres enchaînés dans une caverne de manière à ne pouvoir voir que le fond de celle-ci. Ils ont toujours vécu ainsi et n’ont jamais perçu de ce qui se passe plus haut, près de l’entrée, que des ombres projetées et des bruits renvoyés par le mur situé au fond. Et pour eux la « réalité », ou plus exactement leur conscience de la réalité, se réduit à ces ombres bougeant sur le mur et des bruits qui les accompagnent.
Le personnage de Socrate imagine ensuite que l’un des prisonniers est arraché à sa captivité pour être amené à la surface. Celui-ci commence par se sentir « agressé » par ce nouveau milieu dont il ne peut immédiatement percevoir les éléments du fait d‘une trop forte clarté. Il s’y accoutume ensuite, et prend conscience du soleil des saisons et des choses. Et s’étant habitué à cette nouvelle perception « plus juste », il comprend mieux ce qu’il voyait en captivité. Il n’envie plus son univers souterrain et le système de distinction de ses anciens compagnons, honorant le plus habile ou le plus vif à saisir ou à prévoir le passage des ombres. Il préférera un petit rôle dans ce nouveau milieu, plutôt que de retourner « à ses anciennes illusions ». Et s’il y revenait, d’abord déshabitué de l’obscurité, ses compagnons penseraient que sa vue s’est dégradée, et qu’il ne faut surtout pas sortir…

Être enfermé chez soi, comme à l'intérieur de la caverne, nous pousse à un retour vers soi. Rester à l'intérieur. Se remettre en cause entièrement, face au miroir, même s'il fait beau. Nous sommes poussés à être à l'intérieur de nous-même. Remettre en cause ses schémas de pensées, ses façons de voir, d'agir, sa façon de travailler pour ma part. Un vrai questionnement... Et justement, la question pour moi c'est : où se trouve l'illusion, à l'extérieur ? ou à l'intérieur ? Peut-être les 2... Ou se trouve l'illusion dans ma vie ? Quoi changer ? Comment changer la donne, puisque l'état actuel de la planète nous y invite...Par quoi sommes-nous régis ? Où est l'inné et l'acquis ? Moi, en ce moment, je me sens paumée. On dit souvent en développement personnel, qu'avant la prise de conscience, c'est le brouillard total, la nuit noire de l'âme. Je me sens dans cette phase. Ce n'est pas agréable à vivre.

Serait-ce ça le passage de l'ombre à la lumière ? Cela me fait penser à un mantra indien que j'ai chanté tellement de fois, et qui m'a été enseigné par Amma, le guide spirituel hindou du Kérala que j'ai suivi pendant 7 ans. Je vous le partage :
Om asatoma sad gamaya, Conduis-moi du Mensonge à la Vérité
Tamaso ma jyotirgamaya, Conduis-moi de l'ombre vers la lumière
Mrityorma amritam gamaya, Conduis-moi de la mort à l'immortalité


L'essence de ce mantra à pour but de demander de l'aide pour être libéré, en se connaissant soi-même, et en ayant la connaissance véritable.
L'initié est conduit par le maître de l'irréel au réel, de notre nature limitée à l'illimité, de la non vérité à la vérité. Puis, on demande à être conduit de l'ombre à la lumière, de l'ignorance à la connaissance et enfin de la mort à l'immortalité.

Le passage se fait également progressivement, en lien avec le travail spirituel, la récitation des mantras, la méditation, le yoga... C'est le chemin de toute une vie. Je pense aussi, qu'une fois que l'on a commencé à voir le monde avec ces lunettes-là, il est difficile de revenir en arrière, voire impossible, comme le dit aussi Platon avec l'homme qui ne veut pas revenir dans la caverne.

Je pense aussi à un film magnifique que je vous encourage à regarder si vous ne le connaissez pas, c'est Samsara : Samsara | bande-annonce

Voilà le Synopsis :
Après trois ans, trois mois et trois jours de réclusion volontaire dans un ermitage perdu du Ladakh, une région reculée au Nord de l'Inde, Tashi émerge d'une transe profonde. Il récupère ses forces vitales dans le monastère bouddhiste où il vit depuis l'âge de cinq ans. De retour auprès de ses compagnons lamas, il est soudain en proie à de dérangeantes pulsions sexuelles.
Au cours d'une expédition dans un village voisin, il fait la connaissance de Pema, une jeune femme dont il tombe amoureux. Des doutes l'assaillent et ébranlent son engagement spirituel. Apo, le moine doyen, décide alors de l'envoyer dans un ermitage où des textes tantriques l'initieront aux mystères de la vie sexuelle. Tashi comprend qu'il doit vivre certaines expériences s'il veut un jour y renoncer. Il choisit de quitter le monastère et de rejoindre le monde des hommes, le Samsara.

Je ne veux pas vous spolier, comme dirait mon fils ! Alors je ne vous raconte rien de plus, je vous laisse découvrir ce magnifique film, si le cœur vous en dit. C'est vraiment un de mes films préférés.

Je me demande aussi, si lorsque l'on sort de la caverne, et donc du monde de l'illusion et des croyances, ne serait-ce pas pour retomber dans d'autres illusions et d'autres croyances ? Est-ce que le monde, soi- disant réel, à l'extérieur de la caverne selon Platon, est-il, au final, vraiment la réalité ? Ne serait-ce pas fractal ? Une caverne dans une autre caverne, et ainsi de suite, et finalement dans ce principe, on progresserait continuellement mais pouvons-nous, finalement, parvenir à la sagesse ou à la vérité ?
Voilà, j'avais envie de partager toutes ces interrogations avec vous.

Je pourrai aussi développer encore et encore grâce au film MATRIX, dont je viens de revisionner les 3 épisodes, avec le fameux passage du grand architecte, et la lumière qu'atteint Néo en lâchant totalement prise... mais une Newsletter ne doit pas être trop longue sinon personne ne la lit.
Prenez soin de vous, et travaillons sur la patience avant de nous retrouver pour de nouvelles aventures !

Laure Fontaine
Un retour à soi…

mercredi 19 février 2020

Du rôle primordial des mots...




Aujourd'hui, j'ai lu le témoignage d'une amie à moi, ô combien cultivée et avancée sur le chemin de la découverte de soi, à mes yeux, qui m'a beaucoup touchée et attristée.
Elle parle de son expérience lors d'une tentative d'embrigadement dans une secte. Elle parle de la technique de manipulation que certaines personnes peuvent utiliser pour pouvoir arriver à leurs fins.
Les méthodes où les mots utilisés sont empruntés au vocabulaire du développement personnel, d'où le côté inquiétant de mon point de vue. Parvenir à discerner tel est notre enjeu lorsque nous désirons faire un chemin de travail sur soi. Il y a tellement de propositions, et tellement de tout et du n'importe quoi...
Où est la vérité ? Si tant est qu'il y en ait une.
A nous de nous écouter, écouter notre cœur et décider de quelle voie nous voulons vraiment suivre à l’intérieur. 
Je vous laisse découvrir ce témoignage poignant. 


Laure Fontaine
Un retour à soi…

Mon expérience avec une secte....

« Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdent leurs libertés », Confucius.

Eh oui, toute naïve que je suis...cela m’est bien arrivé.
J’en suis encore toute retournée. Je me suis rendue compte, trop tard, mise devant le fait accompli, qu’une de mes amies me manipulait depuis plusieurs mois, tout ça pour me conduire à une conférence. « Tu ne vas probablement pas tout comprendre, mais ce sera très intéressant, ça devrait te plaire », me disait-elle alors pour présenter cette soirée. Le discours est caché et assez nébuleux. Je ne me suis pas méfiée une seconde. J’avais promis de l’accompagner. Elle est mon amie. Je suis son amie. Cela suffisait. Par ces liens d’indéfectible confiance, je lui avais promis de venir avec elle car elle pensait y rencontrer une personne qui, selon elle, allait la faire se sentir mal. Son ex. Elle avait peur de la croiser, ne savait pas comment elle allait réagir en sa présence...alors pour la soutenir, lui montrer qu’elle n’était pas seule, pour l’épauler, j’ai dit oui, pour la rassurer.

Quelle idiote je fais !

Vers 19h30, nous voilà parties avec l’une de ses amies (adepte comme elle, je m’en rendrais compte plus tard) à cette soirée. Arrivées au lieu-dit, nous sommes rentrées dans une salle, pas très grande, des chaises étaient disposées en arc de cercle autour d’un fauteuil central qui allait servir à l’intervenant.
Je fus surprise par le nombre de personnes présentes. Facilement une cinquantaine. Pas de pub, ni de flyers, pas d’affiches ni de présentation de la personne ou du sujet...étrange. Mais cette question je ne me la suis pas posée tout de suite. J’étais en confiance, avec une amie.

Chacun prend place, et je constate l’air solennel qui découle de l’atmosphère : je ressens quelque chose de plutôt pesant, je sens bien qu’il n’est pas question ni d’interrompre, ni même de bouger...il ne faut pas déranger le maître.
Puis, il s’assoit et demande à l’assemblée qui sont les nouveaux, qui n’a jamais fait de stages avec lui, qui vient pour la première fois...je n’ose lever la main, mon amie m’encourage « vas-y ! lève la main. Je suis certaine que tu trouveras les réponses à tes questions. Ecoute bien ». Son regard rassurant, sa voix posée...et je ne vois rien.

A peine les premiers mots prononcés de l’intervenant (qui ne s’est d’ailleurs pas présenté) j’ai tout de suite saisi la portée de l’endroit où je me trouvais.
Il commença son récit en nous expliquant que jeune homme, il avait été diagnostiqué par des médecins et des spécialistes comme ayant de graves troubles de la personnalité. Il poursuivit sont récit en nous expliquant que ces crétins de médecins, tous bardés de diplômes n’avaient rien compris : il était en contact avec des êtres supérieurs qui l’avaient élu pour lui dévoiler la vérité. 
Approbation sans faille de la salle. Les médecins : tous des incompétents...
Du regard, je fais le tour des personnes présentes : que leur est-il arrivé ? que s’est-il passé chez elles pour qu’elles croient cela ? 
Le discernement les avait-elle quittés ? Ou était-ce juste de la complaisance face à ce discours sans sens ?

Poursuivons.

Puis voici notre intervenant partir dans des explications aussi mystérieuses qu’incompréhensibles : ses phrases ne sont jamais terminées, il souffle un début de définition de terme ou de vérité qu’il ne peut finalement pas dévoiler car nous ne sommes pas assez éveillés. Il nous affirme voyager souvent dans des lieux cosmiques, dans le monde extra-terrestre afin d’y rencontrer ses maîtres spirituels.

Il utilise à outrance le syncrétisme religieux, mélangeant toutes les croyances et toutes les pratiques, utilise des termes tels que « sphère cosmique », « voyages astraux », « entités supérieures », « maîtres spirituels » ... il dit, affirme, mais n’explique rien.

Personne ne bronche dans la salle. Tous sont très (trop ?) concentrés et boivent, approuvent, ravis d’être les dépositaires de ces secrets révélés à eux seuls.
Deux heures de discours sans aucun sens, sans fil conducteur. Il dit, nous devons le croire et approuver.

Il affirme sans preuves : elles ne servent à rien. On doit le croire sans sourciller. Normal : il détient la vérité !!

Et toute l’assemblée est attentive et avide de savoir la suite...eh oui, à chaque phrase, on attend cette suite, qui n’arrive jamais. On souhaite savoir...mais pour cela, « il suffit de vous inscrire aux nombreux stages eux-mêmes déclinés en plusieurs niveaux afin d’atteindre la conscience supérieure et éveillée ».
Et puis, ses apprentissages, il les détient de maîtres spirituels d’autres galaxies, pour les plus prestigieux, mais aussi par des tibétains, entre autres. Il ne parle pas le tibétain, non, trop vulgaire ; cet enseignement, il l’a reçu par des signes...

Il est guérisseur, hautement qualifié par ces êtres de l’au-delà et sa connaissance si spéciale, il est le seul à pouvoir le transmettre au groupe. Impossible de vérifier ses sources, il utilise un jargon ésotérique, mélangé à celui des sciences, sorties de leurs contextes et détournées pour servir sa parole de vérité.
Il nous raconte en détail ses voyages astraux, les entités qu’il rencontre, les « sas » à franchir au fur et à mesure de l’enseignement qu’on lui transmet. Aujourd’hui, il est au plus haut niveau et pas plus tard que la semaine dernière, il a été invité auprès du tout puissant car il est celui qui sait et qui lui transmet le vrai. 

On doit le croire, sans sourciller, ni douter. 
Il sait. 
Pas nous. 

Nous avions quitté tout sens commun. Comme flottant dans une autre dimension où il nous avait entraîné avec ses paroles floues, nous étions à sa merci. Ses yeux, son regard de démence installaient un déséquilibre profond dans les consciences de chacun. Tous nos repères habituels étaient brouillés, comme s’il souhaitait faire un reset de notre cerveau et qu’il le reconditionnait à sa convenance.

Alors pour sortir de là, je suis entrée en méditation, pour fuir, j’ai pensé très fort à ce qui me rattache à la vie, au plaisir et à ce qui me rassure. Cela m’a permis de m’extraire de son discours invasif et dévastateur.

A ceux qui oseront lui poser des questions en fin de séance, il ne dira rien, sauf « tu n’as pas le niveau, tu ne peux pas comprendre, il faut venir aux stages et passer tous les niveaux pour être conscients et comprendre ».

Et puis cette parole se termine, enfin, par une méditation en l’honneur de la musique des sphères. Celle que les extra-terrestres lui ont appris là-haut. Bol tibétain, lyre, pour entendre le cosmos dans toute sa splendeur et sa nébulosité.
La conférence est terminée. Il est temps de discuter avec les autres, les adeptes, les personnes qui seront élues. Car oui, il est à la recherche de 12 apôtres, 12 élus, les meilleurs d’entre tous, qui seront assez éveillés et sûrs de pouvoir à leur tour transmettre et éveiller des consciences pourries par la vie quotidienne. 

Car oui, ils sont les savants, les élus, les autres sont des déchets incapables de comprendre et de se rendre compte de tous les enseignements que ces êtres extra-terrestres peuvent nous apporter...

Mon « amie » se tourne vers moi, heureuse, contemplative, toute emplie de cette parole entendue...
« Alors, qu’en as-tu pensé ? C’était intéressant, hein ? ».

Je suis perdue et ne sais quoi lui répondre pour ne pas lui faire de la peine. Je me sens très mal : j’ai envie de quitter ce lieu au plus vite, de m’enfuir. Car je me sens en danger. J’ai eu peur. J’ai eu très peur. J’ai eu peur pour mon âme, pour ma conscience, à plusieurs reprises, je me suis sentie happée, comme prise dans des filets qui cherchaient à emprisonner mon esprit, se l’accaparer, le détruire, lui faire quitter les nuances et le raisonnement pour accepter l’inacceptable, le n’importe quoi intellectuel, le miasme, la boue, les méandres vaseux qui perturbent et désorganisent l’esprit.

Elle insiste. La seule phrase que je suis capable de lui sortir à cet instant est « j’ai l’impression d’être dans une secte ».

Elle me répond que c’est exactement ce qu’elle a ressenti aussi la première fois qu’elle est venue, et qu’en revenant encore et encore elle avait été persuadée du contraire, que cette démarche l’élevait spirituellement et que sa conscience était plus éclairée encore. Elle fait partie de l’élite. Le reste n’a aucune espèce d’importance.

Je lui explique que je me sens mal, que j’ai juste envie de partir, que je n’ai rien compris, qu’il n’a été que le vecteur d’un grotesque discours, sans sens, sans fil conducteur, détestable avec les gens, les méprisant de toute sa hauteur de savant fou et que je ne comprends pas ce qu’elle fait dans ce groupe, avec ces personnes.
Elle travaille et me fait entendre qu’elle est l’une des élues. Elle suit assidûment les cours et leurs principes et l’idée est de les répandre au plus large d’entre nous tous.

Sur le chemin du retour, je suis sans voix, encore abrutie et craintive de ce qui s’est passé. J’ai juste envie de rentrer chez moi.
Dans la voiture qui nous ramène, j’entends son amie qui nous a accompagné lui expliquer qu’elle est en contact étroit avec des raéliens. Que c’est formidable.

Je suis sonnée. Qu’ai-je bien pu faire pour qu’elle puisse croire que j’allais adhérer à cela ?

Nous nous sommes revues trois jours plus tard.
Mardi matin très exactement.
A la question banale, « comment tu vas », je lui ai répondu que je ne m’étais pas remise de ma soirée. Que je me sentais encore mal. Trahie. Salie. Honteuse de m’être laissée berner.

Elle sourit. Puis rit. Elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas que je n’ai pas compris. Sa démarche était selon elle complètement altruiste, pour me faire entrer dans le cercle. Me montrer son monde. Ses initiés. Ses élus. Me faire connaître sa formidable culture qui l’élève au-dessus de la masse et de la fange des personnes si basses qu’elles ne valent rien. Elles n’y sont pas. Elles sont donc inutiles à la société.

Depuis, j’ai honte de l’admettre, mais je ne sais plus comment réagir avec elle. Elle m’a manipulée. C’est le sentiment que j’ai et dont je n’arrive pas à me détacher. Peut-être ai-je tort ? Malheureusement, je ne le pense pas. D’autant que je lui ai promis de ne parler de cela à personne, que cette soirée si étrange resterait entre nous...alors qu’elle ne s’est pas gênée pour anticiper et prendre les devants pour parler de cela à qui voudrait bien l’entendre et me dénigrer aux yeux des autres. Elle appelle, explique qu’elle m’a emmenée à une soirée et qu’au grand jamais ce n’est une secte. C’est moi qui ai mal interprété et qui n’ait rien compris. Elle use et abuse de ce que je lui ai raconté de mon histoire personnelle en expliquant que c’est ma fragilité qui m’évite toute compréhension.

Hier, mercredi, nous nous sommes vues. 
Contact bref, à peine 30 minutes. 
C’est moi qui avais posé le rendez-vous. Je voulais la voir, parler, discuter avec elle. Revenir sur cette étrange soirée.
Elle avait accepté.

C’est moi qui ai parlé, je lui ai dit mes craintes, mes inquiétudes, notre amitié que je sentais disparaître, le mal-être dans lequel j’étais depuis.
Rien. Aucune parole ne sortait de sa bouche. Elle me regardait fixement, comme fâchée d’avoir été démasquée. 
Que ses intentions n’étaient pas aussi louables qu’elle avait bien voulu me dire.

Les reproches qu’elle m’a faits : « tu as changé avec moi, tu n’es plus la même », « Ton sms de dimanche n’était pas sympathique »
Non, ce n’est pas moi qui ai changé, c’est elle qui m’évite. Je le vois bien, à chaque fois que nous nous croisons, elle me fuit. Selon une amie que nous avons en commun, c’est parce qu’elle a peur que je parle de cette soirée. Elle a peur de l’image que je pourrais véhiculer sur elle.

Mais je ne vais rien dire. Je reste sur ma position que c’est une soirée privée, qui nous concerne toutes les deux. Cela ne regarde personne d’autre.
Et ce sms, effectivement je reconnais volontiers qu’il était froid. Mais elle venait de poster sur notre site internet l’un des enseignements de son gourou, « le pardon christique », qui consiste à écrire 140 fois par jour et pendant 7 jours d’affilée les raisons pour lesquelles on pardonne à celui qui s’éloigne de nous...  « Tu n’as jamais fait ça ? » me demande-elle presque naïvement. Non, sauf lorsque punie à l’école je devais faire des lignes...jamais je ne me serai infligée cela volontairement, ni jamais je n’en aurais eu l’idée...

D’ailleurs, ce site internet que nous avons crée ensemble devait initialement être une sorte de magazine féminin avec des articles frais et légers. Aujourd’hui, face à elle, je me rends compte qu’il est un prétexte, un vecteur pour essaimer la parole de son gourou et de sa secte.
Je lui ai parlé de secte, je lui ai dit les recherches que j’avais faites, je lui ai démontré que les paroles de « son maître » étaient les mêmes que celles que j’avais trouvé sur des sites sectaires. Elle me regardait attentivement, fixement, et n’a jamais démenti. Comme si elle avait été confondue, se rendant compte que je n’étais plus dupe de ses manipulations...

Une douche froide pour elle, comme pour moi.

Elle ne s’est pas excusée, elle n’a pas cherché à discuter.

Comme j’avais démarré la conversation, j’y ai mis un terme. Je la sentais mal à l’aise et je ne voulais pas la mettre plus en difficulté. Elle est fine, intelligente, diplômée, je pensais pourvoir avoir une conversation sereine, adulte, avec du discernement et des explications, un dialogue, simple, construit et argumenté. Rien. Elle ne m’a rien donné. Comme si elle se contrôlait volontairement. Elle écoute patiemment, ne dit rien, ne parle pas, ne sourcille pas, me fixe, me regarde en face, sans laisser transparaître une émotion.

Nous nous sommes quittées sur cette place, 30 minutes plus tard. 

30 minutes et une soirée pour ruiner une amitié.

Lettre à celle qui m’a trahie, 


« Tu avais le choix de ne pas me faire peur et de me respecter dans mes croyances et dans mon intégrité.
Au lieu de cela, tu m’as entrainée délibérément dans une secte, en toute connaissance de cause. Délibérément. En toute conscience de ce que tu faisais et de ce que tu projetais pour moi. 
J’ai l’esprit très ouvert me dis-tu. Oui, certes. Et justement je veux le conserver ainsi.  Je ne veux pas être enfermée dans un système de pensée totalitaire, démentiel, fou. Tu m’as dit que cela allait certainement me plaire, me convenir car j’ai cette capacité d’écoute et de compréhension. Oui, là devant toi, dans ce café, en cet instant, je comprends avec tristesse que tu as tissé une toile autour de moi pour me manipuler et m’entraîner dans cette secte. Cette soirée était complètement calculée, je faisais partie des recrutés. Je ne le comprends amèrement que maintenant. 
Me voir déstabilisée et mortifiée face à ce discours manipulateur, tu jubilais. Tu as parfaitement réussi ton coup : je me suis sentie en danger, absolu et total. En m’emmenant là-bas, tu n’étais plus avec moi. Tu étais de l’autre côté. Celui des adeptes et de la secte.
Une véritable amie ne mettrait jamais en danger ceux qu’elle aime. Toi tu l’as fait. »
                                                                                            Catherine


jeudi 16 janvier 2020

DE L’ART DU RITUEL à La Maison du Soin …





Nos vies sont empreintes de rituels de toutes sortes… Le rituel est un moment de passage, d’un état à un autre. De façon ancestrale, il nous relie au passé et nous projette dans l’avenir.

Personnellement, j’ai déjà vécu beaucoup de rituels initiatiques, la danse du feu dans le chamanisme, la marche sur le feu, la hutte de sudation, l’initiation au mantra d’Amma et du Dalai Lama, et d’autres encore… Ces rituels m’ont fait passer des caps dans ma vie, m’ont donné une vision du monde plus élargie et une capacité à voir le monde autrement. Ils m’ont également enseigné que l’on démarre petit, ignorant, et que l’on grandit progressivement au fur et à mesure du rituel, sur la connaissance de soi et de l’endroit où l’on se trouve par rapport à celle-ci. Et qu’en même temps, au final, avec ou sans rituel, on apprend chaque jour et tout au long de son existence. La vie est ainsi faite… Le rituel est un outil d’intégration.

Qu’est-ce qu’un rituel ?


Nous avons tous nos rituels, individuels ou collectifs, qui sont plus ou moins espacés dans le temps et dans l’espace.

Ces rituels sont constitués par des rites, c’est-à-dire un ensemble de règles immuables, fixant le déroulement d’une cérémonie, qu’elle soit publique, donc exotérique ou secrète voir discrète, donc ésotérique.

En ce qui concerne les rituels individuels, il nous suffit de penser à nos habitudes tels que la méditation, la prière, la réflexion ou à des habitudes moins spirituelles tels que l’heure systématique de la pause-café, de la douche et de l’horaire du train…

Ces rituels ont la particularité de nous permettre de nous rassurer et de nous plonger dans notre moi intérieur pour établir un bilan. Ce bilan est simplement un point de repère quotidien sur notre équilibre familial, notre situation émotionnelle, notre performance au travail ou sur notre état corporel.

D’autres rites règlent notre vie sociale. Pour ceux-ci nous avons besoin de la participation des autres. En effet, et bien que cela soit possible, on imagine mal un anniversaire ou un réveillon en “ solitaire ”, un mariage, un enterrement, et ceux-ci aussi sont des moments de passage mais en groupe.
Les rituels individuels sont espacés dans le temps en fonction de nos besoins et les rituels collectifs en fonction des règles bien établies par le groupe. En conséquence ils peuvent être quotidiens, hebdomadaires, mensuels, annuels etc.

A quoi servent donc ces rituels, quel en est le sens ?


Dans tous ces rituels, l’individu ne serait-il pas au service de lui-même ou du groupe ? Ou de la personne avec qui il partage le rituel ? Le groupe peut établir des règles qui sont justes pour tous les membres du groupe, (accords de groupe en communication non violente par exemple, en début de session), et chaque membre doit s’y référer. Si chaque membre se réfère aux règles du groupe, ce membre est en harmonie avec ce groupe. L’individu peut aussi établir des règles pour lui-même, qui sont justes pour lui et s’y tenir de la même façon (en état de méditation par exemple).

C’est une boucle simple et efficace, en effet “ il suffit de suivre les flèches ” pour soi-même ou avec les autres.

On pourrait donc considérer que le rituel est un point de repère, un processus qui vise à sécuriser, ainsi qu’un véhicule initiatique qui nous conduit sur le chemin de la recherche d’une vérité, et qui ancre la chose vécue dans la mémoire collective ou individuelle.

Ce peut être un outil avec lequel chaque personne peut travailler intuitivement, au moyen de ses cinq sens, ceci dans le but d’éveiller et de développer sa conscience individuelle et celle des autres, comme dans le rituel du massage et du soin énergétique.

Le rituel nous incite à l’état de partage, nous permettant ainsi de nous éveiller à une évolution permanente de l’esprit et du cœur. C’est un lien entre le visible et l’invisible, un lien Universel entre le Microcosme (l’Homme) et le Macrocosme (l’Univers).

Tous les soins de La Maison du Soin sont des rituels. Ils tirent leur puissance d'un aspect spiritualisé, d'un accueil de l'autre, homme ou femme dans leur entièreté, par le toucher, ainsi que d'une communion dans le souffle et de la présence authentique et ancrée du thérapeute dans le soin. Un rituel, une méditation, pour aboutir à un changement, d’état ou de vision du monde.

Ces rituels éveillent les sens et invitent à lâcher-prise. Ils peuvent favoriser également l'émergence d'émotions et sensations en augmentant le niveau de conscience. Ils peuvent amener à une expansion de conscience et à un état intérieur transformé. Une véritable sensation d'unité, de reconnexion ... un retour à soi, un retour à l’essentiel.

Laure Fontaine
Un retour à soi…

Thérapeute ou "Thérapute"...?

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