lundi 13 avril 2020

Du fond des ténèbres... jaillit la lumière !

Photo de Joshua Sortino sur Unsplash
On pourrait croire que j'ai le temps d'écrire, puisqu'en arrêt total d'activité, et bien, oui et non ! Il me faut me concentrer et décider de faire les choses, car j'ai un peu la tête ailleurs, à vrai dire, en ce moment. Bref... La situation actuelle me fait penser à l'allégorie de la caverne de Platon.
Cet enfermement, ce confinement imposé.

Résumé de l'allégorie :Socrate imagine des êtres enchaînés dans une caverne de manière à ne pouvoir voir que le fond de celle-ci. Ils ont toujours vécu ainsi et n’ont jamais perçu de ce qui se passe plus haut, près de l’entrée, que des ombres projetées et des bruits renvoyés par le mur situé au fond. Et pour eux la « réalité », ou plus exactement leur conscience de la réalité, se réduit à ces ombres bougeant sur le mur et des bruits qui les accompagnent.
Le personnage de Socrate imagine ensuite que l’un des prisonniers est arraché à sa captivité pour être amené à la surface. Celui-ci commence par se sentir « agressé » par ce nouveau milieu dont il ne peut immédiatement percevoir les éléments du fait d‘une trop forte clarté. Il s’y accoutume ensuite, et prend conscience du soleil des saisons et des choses. Et s’étant habitué à cette nouvelle perception « plus juste », il comprend mieux ce qu’il voyait en captivité. Il n’envie plus son univers souterrain et le système de distinction de ses anciens compagnons, honorant le plus habile ou le plus vif à saisir ou à prévoir le passage des ombres. Il préférera un petit rôle dans ce nouveau milieu, plutôt que de retourner « à ses anciennes illusions ». Et s’il y revenait, d’abord déshabitué de l’obscurité, ses compagnons penseraient que sa vue s’est dégradée, et qu’il ne faut surtout pas sortir…

Être enfermé chez soi, comme à l'intérieur de la caverne, nous pousse à un retour vers soi. Rester à l'intérieur. Se remettre en cause entièrement, face au miroir, même s'il fait beau. Nous sommes poussés à être à l'intérieur de nous-même. Remettre en cause ses schémas de pensées, ses façons de voir, d'agir, sa façon de travailler pour ma part. Un vrai questionnement... Et justement, la question pour moi c'est : où se trouve l'illusion, à l'extérieur ? ou à l'intérieur ? Peut-être les 2... Ou se trouve l'illusion dans ma vie ? Quoi changer ? Comment changer la donne, puisque l'état actuel de la planète nous y invite...Par quoi sommes-nous régis ? Où est l'inné et l'acquis ? Moi, en ce moment, je me sens paumée. On dit souvent en développement personnel, qu'avant la prise de conscience, c'est le brouillard total, la nuit noire de l'âme. Je me sens dans cette phase. Ce n'est pas agréable à vivre.

Serait-ce ça le passage de l'ombre à la lumière ? Cela me fait penser à un mantra indien que j'ai chanté tellement de fois, et qui m'a été enseigné par Amma, le guide spirituel hindou du Kérala que j'ai suivi pendant 7 ans. Je vous le partage :
Om asatoma sad gamaya, Conduis-moi du Mensonge à la Vérité
Tamaso ma jyotirgamaya, Conduis-moi de l'ombre vers la lumière
Mrityorma amritam gamaya, Conduis-moi de la mort à l'immortalité


L'essence de ce mantra à pour but de demander de l'aide pour être libéré, en se connaissant soi-même, et en ayant la connaissance véritable.
L'initié est conduit par le maître de l'irréel au réel, de notre nature limitée à l'illimité, de la non vérité à la vérité. Puis, on demande à être conduit de l'ombre à la lumière, de l'ignorance à la connaissance et enfin de la mort à l'immortalité.

Le passage se fait également progressivement, en lien avec le travail spirituel, la récitation des mantras, la méditation, le yoga... C'est le chemin de toute une vie. Je pense aussi, qu'une fois que l'on a commencé à voir le monde avec ces lunettes-là, il est difficile de revenir en arrière, voire impossible, comme le dit aussi Platon avec l'homme qui ne veut pas revenir dans la caverne.

Je pense aussi à un film magnifique que je vous encourage à regarder si vous ne le connaissez pas, c'est Samsara : Samsara | bande-annonce

Voilà le Synopsis :
Après trois ans, trois mois et trois jours de réclusion volontaire dans un ermitage perdu du Ladakh, une région reculée au Nord de l'Inde, Tashi émerge d'une transe profonde. Il récupère ses forces vitales dans le monastère bouddhiste où il vit depuis l'âge de cinq ans. De retour auprès de ses compagnons lamas, il est soudain en proie à de dérangeantes pulsions sexuelles.
Au cours d'une expédition dans un village voisin, il fait la connaissance de Pema, une jeune femme dont il tombe amoureux. Des doutes l'assaillent et ébranlent son engagement spirituel. Apo, le moine doyen, décide alors de l'envoyer dans un ermitage où des textes tantriques l'initieront aux mystères de la vie sexuelle. Tashi comprend qu'il doit vivre certaines expériences s'il veut un jour y renoncer. Il choisit de quitter le monastère et de rejoindre le monde des hommes, le Samsara.

Je ne veux pas vous spolier, comme dirait mon fils ! Alors je ne vous raconte rien de plus, je vous laisse découvrir ce magnifique film, si le cœur vous en dit. C'est vraiment un de mes films préférés.

Je me demande aussi, si lorsque l'on sort de la caverne, et donc du monde de l'illusion et des croyances, ne serait-ce pas pour retomber dans d'autres illusions et d'autres croyances ? Est-ce que le monde, soi- disant réel, à l'extérieur de la caverne selon Platon, est-il, au final, vraiment la réalité ? Ne serait-ce pas fractal ? Une caverne dans une autre caverne, et ainsi de suite, et finalement dans ce principe, on progresserait continuellement mais pouvons-nous, finalement, parvenir à la sagesse ou à la vérité ?
Voilà, j'avais envie de partager toutes ces interrogations avec vous.

Je pourrai aussi développer encore et encore grâce au film MATRIX, dont je viens de revisionner les 3 épisodes, avec le fameux passage du grand architecte, et la lumière qu'atteint Néo en lâchant totalement prise... mais une Newsletter ne doit pas être trop longue sinon personne ne la lit.
Prenez soin de vous, et travaillons sur la patience avant de nous retrouver pour de nouvelles aventures !

Laure Fontaine
Un retour à soi…

Nous vibrons le masque… nous portons le masque…quand décidons-nous de l'enlever ?

Photo de Enzo B sur Unsplash J’ai écrit ce texte en 2013 à la suite d’un séminaire que j’avais fait avec le chaman que je suivais à l’époqu...