Le jour où… je me suis mise à mon compte ! Et oui, ça fait 30 ans jour pour jour !
De la fac de langues à l'esthétique
Je venais de faire 5 ans dans un institut de beauté à Nantes comme salariée. Et il faut rendre à César ce qui appartient à Jules : j'avais tout appris là-bas !
Pour tout vous dire, à la base, je n'étais pas forcément destinée à faire cela. J'étais à la fac de langues. Et oui, ma mère voulait que je fasse de grandes études !! Ce qui n'était pas du tout mon truc. Je m'ennuyais donc pendant les vacances, et c'est comme ça que j'ai proposé mes services à l'esthéticienne qui m'épilait le maillot (eh oui, il faut bien commencer quelque part !) pour venir l'aider l'été, pendant les vacances.
D'une semaine, je suis restée 3 mois !
Ce travail m'a passionnée, même si, à l'époque, je ne faisais que l'accueil client, le téléphone, le ménage et les vitrines. Très vite, j'ai tenu tête à ma mère et je lui ai dit que je voulais faire esthétique. Bref… Je vous passe les détails de mon histoire familiale à cette époque-là, cela fera le sujet d'un autre article encore plus long !
Ma démission et le 4 novembre 1996 dans mon garage
Après 5 ans dans cet institut, et alors que ma patronne avait commencé à me fliquer (ceux qui me connaissent savent que ça, ce n'est pas possible pour moi !), je lui ai mis ma démission sur son bureau 10 jours avant Noël, période, comme tout le monde le sait, plus que lucrative pour les instituts de beauté. Mais il ne faut pas me chauffer trop longtemps ! Et il y a eu un facteur déclenchant bien hard pour moi, qui a fait que je ne pouvais pas faire autrement.
Pendant un an, je n'ai pas travaillé, car j'étais vraiment dégoûtée de ce milieu.
Mais tous les gens de mon entourage, qui savaient combien je m'étais battue et combien j'avais payé pour faire esthétique, me disaient qu'il fallait que j'en fasse quelque chose.
Alors, de fil en aiguille, ou plutôt de spatule en pots de cire, le projet a commencé à émerger. C'est avec un ami (du Crédit Agricole, petit coup de pub !) que j'ai monté mon business plan et que j'ai commencé, le 4 novembre 1996, dans mon garage ! Et oui, vous pouvez le dire, comme Steve Jobs !!!! Bon, je suis loin du développement d'Apple même si j'adore cette marque...
D'Action Beauté à La Maison du Soin
L'entreprise, qui s'appelait à l'origine ACTION BEAUTÉ, deviendra La Maison du Soin en 2006 !! L'adresse n'était plus la même non plus. Après un divorce et une vente de maison, j'achetais le lieu que vous connaissez actuellement à Rezé.
De spatule en pots de cire, mon activité progressait et je faisais les travaux au fur et à mesure, petitement. Je n'avais pas beaucoup de moyens, j'avais tout investi dans le bâtiment. D'abord l'intérieur pour travailler, c'était ma priorité. Ensuite, la façade repeinte en blanc par mon papa, avec cette belle enseigne "Action Beauté" et oui, à l'époque il fallait un nom qui commence par AB pour être en haut dans les pages jaunes de l'annuaire téléphonique, c'était le début des campagnes SEO !
Ça y est, je pouvais vraiment démarrer !
En 3 mois, le chiffre d'affaires doubla, puis tripla. J'avais eu la chance qu'un institut ferme à Pont-Rousseau en même temps que mon ouverture… Et oui, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et petit à petit, l'oiseau faisait son nid, ou plutôt Laure Fontaine continuait son aventure d'entrepreneuse !
J'avais 26 ans à l'époque, quand je me suis installée. Ma mère pensait que j'achetais un taudis et mon père disait : « C'est un super emplacement ! »
C'est lui qui avait raison.
Pendant deux décennies, je me suis demandé : comment je développe ? Encore et encore… Pas pour gagner plus d'argent (même si ça me branchait bien quand même, on ne va pas se mentir !), mais honnêtement, je ne prenais pas grand-chose en salaire. Retraite estimée pour moi à 67 ans = 900 €. Faites le calcul ! Mais surtout, je voulais que cette maison soit utilisée à son plein potentiel, à 100% de sa capacité d'accueil et de possibilité de travail, dans le but de prendre soin d'un maximum de gens.
C'est comme ça que j'ai eu des apprenties, des stagiaires, des salariées et enfin des praticiennes du bien-être, à commencer par la médecine traditionnelle chinoise en 2006.
C'est à partir de ce moment-là que je me suis dit que cette maison pouvait être autre chose qu'un simple institut de beauté, mais une vraie Maison du Soin !!! Il a fallu encore quelques années avant que je me décide à faire mes travaux en 2018, pour transformer totalement le bâtiment, du sol au plafond.
C'est la dernière mouture en date.
La Maison du Soin aujourd'hui
À partir de là, vous connaissez le projet : accueillir des praticiens du bien-être et des médecines alternatives, pour le plus grand bien de tous. En 2019, nous avons été 9 praticiennes à La Maison du Soin ! Et puis tout ça, ça va, ça vient… Certaines sont parties, d'autres sont venues…
Aujourd'hui, nous sommes 4, dans l'attente d'une autre praticienne d'ici peu… Mais je ne vous en dis pas plus, cela fera l'objet d'un prochain article !
Voilà, gérer cette structure n'est pas toujours un long fleuve tranquille, mais c'est le projet de ma vie, mon deuxième bébé après mes 3 enfants (et oui, un fils vivant et 2 fausses couches). Ça fait beaucoup d'enfants ! C'est peut-être pour ça que j'ai un côté « mère » avec les personnes qui viennent pratiquer chez moi, mais c'est comme ça ! C'est moi, on ne se refait pas…
Ce que j'ai appris en 30 ans…
30 ans à mon compte, ça vous apprend deux ou trois petites choses sur la vie !
J'ai appris qu'avoir une idée, c'est bien, mais que la faire vivre, c'est une autre histoire. Qu'on peut avoir des projets plein la tête et pas un rond sur son compte, mais que ça n'empêche pas d'avancer.
J'ai appris qu'on ne peut pas tout maîtriser, surtout quand on travaille avec l'humain. Que les gens arrivent, repartent, que certains vous apportent beaucoup et que d'autres vous apprennent surtout à poser vos limites ! Et croyez-moi, ce dernier point, je l'apprends encore…
J'ai appris qu'être à son compte, ce n'est pas être libre de tout faire, c'est surtout être responsable de tout ! Et que derrière une entreprise qui dure, il y a des choix, des doutes, des prises de risques, quelques nuits blanches et beaucoup, beaucoup de travail.
Mais surtout, j'ai compris une chose : ce qui nous anime au départ n'est pas forcément ce qui nous fait continuer.
À 26 ans, je voulais être indépendante, faire mon métier à ma façon et ne plus avoir quelqu'un sur le dos. Aujourd'hui, à 56 ans, ce qui me motive, c'est toujours cette liberté, mais aussi cette envie de faire vivre un lieu, de transmettre ce que j'ai appris et de permettre à d'autres d'y trouver quelque chose qui leur fait du bien.
Et finalement, ce n'est peut-être pas tant La Maison du Soin qui a évolué en 30 ans… C'est aussi moi qui ai grandi avec elle.
Alors, si je devais retenir une seule chose de cette aventure, ce serait celle-ci : on n'a pas besoin de savoir exactement où l'on va pour commencer quelque chose. Parfois, on avance, on se trompe, on recommence, on change de direction… et un jour, en regardant derrière soi, on réalise tout le chemin parcouru.
Et vous, quand vous regardez les 30 dernières années de votre vie, qu'est-ce qu'elles vous ont appris sur vous-même ?
Voilà la brève (je pourrais écrire un livre…) histoire de cette maison de Rezé, qui, un jour d'été 1999, a été rachetée par une nana un peu fantaisiste mais avec plein d'idée, après un début d'activité d'artisane en soins de beauté le 4 novembre 1996.
30 ans déjà !!!
Laure Fontaine
www.maison-du-soin.com
Un Retour à Soi...

J’ai tout lu et j’approuve !!
RépondreSupprimerMerci mon fils !
SupprimerSuper article! A travers le récit de la Maison du Soin, c'est bien toi que je vois... Comme tu le dis si bien, l'évolution de ce lieu est ton évolution. Et quoi qu'en dise l'adage, dans ton cas, ce n'est pas l'habit qui fait le moine mais bien toi qui impulse ton énergie, ta determination et ta passion dans ce lieu magnifique qu'est la maison du Soin
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