Le jour où… j’y ai ENCORE cru ! Et comment Ho’oponopono m’a sauvée.




Il y a des dates qui devraient rester écrites tranquillement sur un calendrier. Et puis il y a celles qui décident, sans prévenir, de venir tester notre sens de l’équilibre émotionnel. Qu’est-ce que je veux dire par là ?

Le 13 juin, pour ne citer qu’elle !
Un jour. Deux événements. Deux mondes.

D’un côté, les 90 ans d’une personne qui m’est très chère. Un âge respectable, une admiration pour moi d’aller jusque-là avec tous les aléas de la vie, on ne fête pas ça tous les quatre matins. De l’autre, la toute première représentation de mon fils au Cours Florent, à Paris. Deux années de travail, de doutes, de persévérance. Un de ces moments fondateurs qu’on n’efface pas de sa mémoire. Et clairement, pas de ceux que l’on rate.

Quand je réalise que les deux tombent le même jour, mon cerveau fait ce qu’il peut. Il calcule. Il anticipe. Il cherche une faille dans l’espace-temps. Spoiler : il n’y en a pas ! Et comme d’habitude, il cherche des solutions à n’en plus dormir ! Paris et la Vendée ne se sont toujours pas rapprochées depuis la dernière mise à jour de Google Maps !

D’abord, il y a la surprise. Puis très vite, le stress.
Ce petit nœud dans le ventre qui dit : ça ne va pas être simple.

Heureusement, une discussion s’ouvre un dimanche… Il y a un flou sur la date du côté de la personne âgée : le 13… ou peut-être le 14. Pour moi, une négociation devient possible. Ça, j’aime ça ! Une ouverture sur le monde comme dans le tarot de Marseille, la carte 21 ! On me dit qu’on va essayer de changer la date. Qu’on comprend que je ne peux pas ne pas être à la représentation de mon fils. Qu’on va faire au mieux pour que je sois là. Et que ce serait vraiment décevant que je ne sois pas là…
Et là… j’y crois « encore » !

Je m’autorise même à envisager un scénario digne d’un marathon : un aller-retour Paris dans la journée. Être là pour mon fils, puis honorer les anciens. Fatigant, oui. Mais aligné avec mes valeurs. Parce que 90 ans, ce n’est pas rien. Et parce que, quand on aime, on trouve des solutions.

Pendant quelques jours, je vis avec cet espoir-là. Fragile, mais réel. Jusqu’au lundi, et bam ! Le message arrive par SMS, un coup dans la gueule pour moi, le truc qui vous tombe dessus alors que vous y avez cru jusqu’au bout ! Plutôt froid, bref, sans appel.
Ce ne sera pas possible de changer la date. Trop compliqué pour certaines personnes.

Nous sommes pourtant à six mois de l’événement et, dans mes croyances, tout est toujours possible à partir du moment où on met les moyens de faire changer le système ou, en tout cas, que l’on tente tout et que l’on va au bout des possibilités. Je ne suis pas certaine que, dans mon histoire, toutes les possibilités aient été envisagées, mais bien évidemment, ce ne sont que des suppositions sans aucune preuve. Cela reste mon ressenti.

Après le coup de massue, la colère monte. L’indignation aussi. Mais ce qui me traverse le plus fort, c’est cette déception sourde, profonde. Pas tant pour la date en elle-même, mais pour la parole donnée, puis retirée. Pour ce « on va tout faire » qui n’a finalement pas tenu bien longtemps.

Cette histoire me travaille. Elle tourne en boucle. Alors je fais ce que je fais toujours quand une situation m’atteint trop : je vais voir à l’intérieur.

Et ce que je trouve n’est pas très confortable, et du déjà-vécu, bien évidemment.
Cette situation vient réveiller une vieille croyance : je n’ai pas vraiment ma place. Que je passe après. Que je suis la variable d’ajustement. La dernière roue de la charrette. Celle qui comprend. Celle qui s’adapte. Celle qui fait avec. Et surtout, on me dit quelque chose et on ne le fait pas : grosse blessure de trahison et d’injustice qui ressort à plein pot en ce début d’année 2026, année 1 ! Je constate que certains sujets sont loin d’être réparés.

Rien de nouveau, en réalité. Cette histoire n’a rien créé. Elle a révélé. Elle a appuyé exactement là où c’était déjà sensible. Là où, depuis longtemps, j’attends parfois – sans me l’avouer – une reconnaissance, un geste, une loyauté réciproque et surtout le respect de la parole donnée.

Alors, au lieu de ruminer, je choisis autre chose. Je choisis le cœur. Et surtout, je choisis ma responsabilité émotionnelle.

Pendant une semaine, je pratique Ho’oponopono. Tous les jours.

Ho’oponopono est une pratique ancestrale hawaïenne de réconciliation intérieure. Ce n’est pas une méthode pour changer l’autre, ni pour excuser quoi que ce soit. C’est un outil pour nettoyer, en soi, ce que la situation vient activer. Elle repose sur quatre phrases simples, répétées comme un mantra :
Désolée. Pardon. Merci. Je t’aime.

Je les adresse à la situation. À la part de moi blessée. À celle qui a encore cru. À celle qui attendait.

Petit à petit, quelque chose se détend.
La charge émotionnelle baisse.
La colère se transforme.
Je ne cherche plus de coupable.

Je comprends.

Cette histoire ne parlait pas vraiment d’un anniversaire.
Ni d’un agenda.
Ni même d’un être cher.

Elle parlait de mes attentes, de ma blessure de trahison, ENCORE, et de celle d’injustice.
Elle parlait de cette loyauté silencieuse que j’offre souvent en espérant, quelque part, qu’elle me sera rendue.
Elle parlait du moment où il est temps d’arrêter d’attendre une place… et de la prendre.
Elle parlait du moment où l’on se rend juste compte que l’on est un humain avec encore des casseroles, et que cela ne se résout pas si facilement, contrairement à toutes nos croyances, même si elles sont dynamisantes.

Aujourd’hui, je sais où je serai le 13 juin. Et je suis en paix avec ce choix. Rien n’est plus important que d’encourager et de soutenir mon fils, même si je n’ai jamais douté de là où je serai. Je voulais juste pouvoir honorer aussi quelqu’un qui m’est cher. Mais on ne peut pas « encore » être à deux endroits à la fois, et la vie nous pousse finalement à choisir ce qui est le plus juste et le plus aligné pour nous-mêmes. Tout le temps et à chaque instant.

Toute cette aventure m’a rappelé une chose essentielle : le plus grand acte de loyauté n’est pas toujours celui que l’on montre aux autres. C’est plutôt celui que l’on s’accorde à soi-même.

Et cette fois, j’y crois. Mais c’est dans mes choix, auxquels je crois.

Laure Fontaine
www.maison-du-soin.com
Un Retour à Soi...


Commentaires

  1. Cc, navrée que cette date ne soit pas changée, sur un weekend samedi ou dimanche, ça aurait pu se faire... Surtout à 6 mois.. mais finalement la vie nous donne souvent 2 choix à faire sur une même date. On doit souvent faire appel à une paix intérieure pour faire des choix pas facile.
    Tu prendras le temps sur ton weekend avec ton fils. Je t'embrasse, Mag.

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