Le jour où… je n’avais plus rien à vous raconter…
Enfin, rien à raconter, pour Laure Fontaine, c’est de la mythomanie ! Il y a toujours quelque chose à dire à La Maison du Soin… C’est une saga digne d’une série Netflix, voire de Game of Thrones ! Il s’en passe toujours des vertes et des pas mûres…
Entre ceux qui arrivent, ceux qui partent, ceux qui aiment, ceux qui n’aiment pas, ceux qui m’aiment, ceux qui ne m’aiment pas, ceux qui n’osent pas, ceux qui ont peur de me parler, ceux qui sont jaloux, ceux qui disent du mal, ceux qui disent du bien, ceux qui me mettent sur un piédestal, ceux qui plombent l’ambiance, ceux qui sont motivés, ceux qui ne le sont pas, ceux qui veulent faire du business, ceux qui freinent tout…
J’en ai vu passer, en trente-cinq ans, des clients et des êtres humains ! Ces êtres humains si chers à mon cœur, mais qui me font tellement travailler !
Ne dit-on pas, en développement personnel, qu’ils sont un peu le reflet de nous-mêmes ? Vrai, pas vrai ? Je ne sais pas, je ne sais plus trop…
Depuis huit ans, suite à mon entière rénovation des lieux, je vois défiler tout un tas de monde : clientes, clients, thérapeutes, praticiennes du bien-être.
Et je m’interroge toujours : qu’est-ce qui les motive le plus ?
Pour ma part, mon rêve, c’était un groupe, voire une communauté, et oui je peux le dire, comme « La communauté de l’Anneau », pour ceux qui ont la réf ! Se battre, se donner, pour un projet commun, pour un même but, à l’intérieur d’une maison, qui évoluait aussi bien intérieurement qu’extérieurement.
Mon rêve, c’était la coopération, la mutualisation, comme on dit au Crédit Agricole. Petit placement de produit en passant : eh oui, je suis présidente de la caisse locale de Rezé. Ça va faire jazzer !
Et bien, je me rends compte que mon rêve n’était qu’un rêve. Potentiellement un rêve de « cui-cui les p’tits oiseaux » ! Alors, je vous le dis direct : c’est pas comme ça que ça marche. Tu crois à un truc, mais en fait, ça ne se passe jamais comme tu l’aurais cru.
Ça c’est la réalité !!!
Quand la réalité vient discuter avec mes convictions
Ce que je crois consciemment n’est pas forcément ce que je vis dans cette réalité. Ouh la ça devient quantique !!
Je peux croire à la coopération et découvrir que chacun met quelque chose de différent derrière ce mot. Avoir envie de travailler ensemble ne signifie pas avoir les mêmes attentes. Oups !.. mince, c’est pas ce que je pensais..
Alors, je m’interroge. Ai-je clairement exprimé mon projet ? Ai-je supposé que mon enthousiasme suffisait à embarquer tout le monde ? Est-ce que je m’accroche à ce qui existe, ou à ce que j’espérais voir exister ?
Ces questions piquent davantage que « pourquoi les autres sont-ils compliqués ? ». Mais elles m’ouvrent des possibilités et des pistes de réflexion. Me remettre en question ne signifie pas tout prendre sur mon dos. Les autres ont aussi leurs choix, leurs contradictions, leurs responsabilités. Le fameux miroir a ses limites : je ne vais pas devenir responsable de toute la distribution de la série !
J’ai même été faire une séance d’Access Bars, avec l’envie de prendre du recul et d’y voir plus clair. Bah oui je conseille ce soin à mes clients quand ils sont paumés, alors je m’applique forcement mes règles, par contre je ne peux me le faire moi-même !
M’accorder une pause, sortir des pensées qui tournent en boucle… puis revenir aux décisions concrètes. Et là attention les yeux, ça envoie du lourd ! Mais ça se sera pour un prochain article ..
Alors, comment faire évoluer le rêve ? Comment récupérer son objectif premier en lien avec ses valeurs ?
Une première clé, c’est de distinguer les faits du scénario que je construis autour. Qu’est-ce qui a réellement été dit, fait, accepté ? Qu’est-ce que j’avais simplement imaginé ?
Une autre, c’est de reconnaître mes besoins : du soutien, de la clarté, une coopération qui se traduit en actes. Les nommer me permet de formuler des demandes précises et de voir les réponses.
Et puis, lâcher prise commence peut-être ici : cesser de vouloir convaincre à tout prix. Poser un cadre, observer, ajuster. Garder mon énergie pour les solutions sur lesquelles j’ai une prise. Prendre des décisions sur lesquelles j’ai totalement la main, sans attendre des autres. C’est triste d’être seule à décider, mais c’est le jeu ma pauv’ Lucette !!
Mon rêve peut changer de forme sans perdre son sens. Peut-être que cette maison ne ressemblera jamais exactement à celle que j’avais imaginée. Que la coopération prendra d’autres chemins, avec d’autres personnes, ou dans un cadre que je n’avais pas envisagé. Cela demande d’accepter une certaine déception, sans pour autant jeter le scénario, les acteurs, les actrices, les décors et les costumes … Ce serait dommage pour avoir un fils qui veut devenir acteur !
J’y crois encore, à cette maison où l’on grandit ensemble. Mais je comprends que partager un lieu ne suffit pas à partager une vision. Loin de là, à des années-lumière … Et qu’un rêve collectif a besoin de plusieurs personnes pour le porter. Heureusement que cela existe encore, et qu’il y a des personnes qui sont justes : une bénédiction !
Alors j’apprends à regarder ce qui est là, à écouter ce qui se dit, même quand ça ne correspond pas au scénario. À faire une place aux envies des autres, tout en gardant une place pour les miennes. Les p’tits oiseaux peuvent rester. Je leur demande simplement de participer un peu à l’entretien du nid. Ce n’est pas toujours comme on l’avait imaginé. Parfois, c’est moins joli, plus compliqué, franchement fatigant. Mais quoi qu’il arrive, ça nous fait évoluer, ça nous apprend quelque chose. Sur nos attentes, nos limites, notre façon d’aimer, de travailler, de vouloir bien faire… et parfois de vouloir trop faire.
Je n’ai pas besoin de trouver que chaque expérience est un « truc de ouf » pour reconnaître qu’elle m’a apprise quelque chose ! Ça c’est une certitude.
Et puis, finalement, j’avais encore plein de choses à vous dire !
Laure Fontainewww.maison-du-soin.com
Un Retour à Soi...

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