Le jour où...la montagne a essayé de me convertir, mais à quoi ?!
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Je suis partie en vacances à la montagne. Dans les hautes montagnes même, puisque j’étais dans les Alpes, à Serre Chevalier. Station de ski, au dmeurant plus que touristique, en mode cage à lapin !!! C’est pas ma came lol !
Autant vous le dire tout de suite, mais vous l’avez compris je pense : la montagne, ce n’est pas vraiment mon truc.
J’ai été élevée à la mer. La liberté, l’espace, l’horizon, la vastitude… la vitesse en Zodiac, sur une mer d’huile ! Voilà un bon trip ! Voilà mes valeurs premières. Cette sensation que le regard peut partir très loin sans jamais rencontrer d’obstacle. Ce goût de l’infini qui, chez moi, produit immédiatement quelque chose qui ressemble à un grand sentiment de légèreté, d’ouverture et de liberté.
La montagne, c’est exactement l’inverse.
C’est haut. Très haut même.
Et contrairement à ce que racontent beaucoup de gens, moi, la montagne ne me donne pas forcément l’impression de respirer. Elle aurait plutôt tendance à m’oppresser.
Ma sensation : un grand mur devant moi qui bloque tout. Comme emprisonnée entre deux falaise étroite, autant vous dire que je ne fais pas de cannyoning, ni autre sport encaissé !
Je sais, c’est paradoxal.
On parle souvent du grand air de la montagne, des sommets, de cette sensation de liberté. Moi, lorsque les montagnes m’entourent, j’ai l’impression qu’elles referment l’espace autour de moi. Et ce n’est pas seulement une histoire d’altitude. Même si, à 2 600 mètres, soyons clairs, l’oxygène commence tout de même à se faire un peu plus discret. Alors forcément, je me suis dis, il faut en faire quelque chose de ce truc bizarre qui est à l’intérieur de moi.
Du coup, aller à la montagne est devenu pour moi, encore une fois, (et oui ! la moto l’année dernière), un chemin initiatique. Parce que j’ai remarqué une chose : ce qui ne nous attire pas spontanément a parfois beaucoup plus à nous apprendre que ce que nous connaissons déjà.
Alors, à 2 600 mètres d’altitude, près d’une immense tyrolienne, déjà un endroit où ma notion personnelle de la sécurité était totalement mise à l’épreuve, j’ai lu une phrase qui m’a arrêtée. Elle disait : « la montagne regarde passer ceux qui prennent le risque de s’y promener. » Cette phrase m’a interpellée.
Le risque ? Est-ce que la montagne serait dangereuse ?
Évidemment, elle peut l’être. Le climat, les reliefs, les changements de météo, les chutes… Là-haut, la nature rappelle assez rapidement à l’être humain qu’il n’est pas exactement le patron des lieux. Comme disait Patrick Timsit : « Hostile la nature !! »
Mais je me suis demandé si cette phrase ne racontait pas autre chose.
Symboliquement, qu’est-ce qu’une montagne ? On commence en bas. Puis on monte. On avance. On ralentit. On reprend son souffle. On regarde où l’on pose les pieds. Parfois le chemin est facile et parfois, sans prévenir, il devient beaucoup plus raide.
Il y a des moments où l’on regarde le sommet avec enthousiasme et d’autres où l’on se demande franchement pourquoi on a eu cette idée.
Et soudain, cela m’a semblé terriblement familier, vous pensez bien ! si vous lisez mes articles. Parce que, bien évidemment, vivre ressemble beaucoup à cela. Nous passons notre vie à gravir quelque chose.
Une difficulté, un projet, une relation, une épreuve, un changement, parfois simplement une période de notre existence. Nous avançons sans toujours savoir exactement ce qui nous attend quelques mètres plus loin. Et plus le terrain devient escarpé, plus nous sommes obligés d’être présents. Dans la vie comme en montagne, regarder trop loin peut décourager. Regarder constamment derrière soi peut nous miner. Il reste alors une possibilité assez simple : regarder où l’on pose le prochain pied.
Un pas. Puis un autre.
Je crois que c’est cela que la montagne m’a appris.
L’effort n’est pas forcément un ennemi. La difficulté non plus. Certaines ascensions nous obligent simplement à découvrir des ressources que nous n’aurions jamais utilisées sur terrain plat. Et puis il y a le sommet. Ce moment où l’on se retourne et où l’on voit soudain tout le chemin parcouru. Ce qui semblait immense vu d’en bas devient différent vu d’en haut, of course ! Me direz-vous, j’ai changé de point de vue ! La base ..!
Peut-être est-ce aussi cela, grandir : parvenir un jour à regarder certaines périodes de notre vie (même les plus dures) depuis un autre point de vue, et oui .. je le dis tellement souvent.
Je ne suis pas certaine d’être devenue une amoureuse inconditionnelle de la montagne. La mer garde une sérieuse longueur d’avance, y a pas photo ! Mais désormais, lorsque je regarde une montagne, je vois autre chose qu’un énorme caillou qui bouche mon horizon. Je vois une invitation :
À avancer.
À accepter l’effort.
À rester attentive.
À respecter ce qui me dépasse.
Et surtout à comprendre que l’on ne découvre jamais exactement la même chose sur soi lorsque l’on reste en bas ou lorsque l’on accepte de monter.
3 clés pour regarder votre propre montagne :
1. Qu’est-ce que vous évitez parce que cela vous dérange ?
Et si cet inconfort avait quelque chose à vous montrer sur vous-même ?
2. Quel est simplement votre prochain pas ?
Inutile de voir tout le chemin. Parfois, avancer consiste juste à savoir où poser le pied maintenant.
3. Et si vous preniez un peu de hauteur ?
Ce que vous vivez aujourd’hui comme un obstacle aura peut-être un autre sens lorsque vous le regarderez avec davantage de recul.
Alors aujourd’hui, je regarde la montagne autrement. Elle m’oppresse encore un peu, je ne vais pas vous mentir.
Mais je comprends mieux ce qu’elle vient me raconter.
Et vous, quelle « montagne » êtes-vous en train de gravir en ce moment ?
Laure Fontaine
www.maison-du-soin.com
Un Retour à Soi...

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