Le jour où… j’ai fait un discours de présidente !


 

Faire tomber l'égo pour se reconnecter à soi 

Par moment,  dans la vie ça vous tombe dessus avec une étrange sensation de déjà-vu. Comme si quelque part, sans le savoir vraiment, vous aviez été préparée à ça depuis longtemps.

Depuis plus d’un an maintenant, je fais partie du conseil d’administration du Crédit Agricole de ma caisse locale. Quand on me l’a proposé, honnêtement, je ne m’étais pas levée un matin en me disant : “Tiens Laure, et si tu allais parler finance et gouvernance bancaire entre deux soins énergétiques et trois coachings existentiels ?”

Pas exactement mon décor de départ. Et pourtant…

Ma mère avait été administratrice au Crédit Mutuel avant son AVC. Une fonction qu’elle adorait profondément. Elle était faite pour ça. Le lien, les gens, les projets, le collectif… elle aimait sincèrement être utile. La vie, malheureusement, a parfois d’autres plans que les nôtres. Son parcours s’est arrêté brutalement à cet endroit-là.

Mon père, lui, a été président d’association pendant plus de vingt ans. Mon grand-père avant lui aussi. Chez nous, le bénévolat n’était pas une option noble qu’on affichait dans les repas de famille pour se donner bonne conscience. C’était presque une façon d’être au monde.

Alors quand on m’a proposé la place de présidente du conseil d’administration… comment dire… Ça a remué pas mal de choses à l’intérieur.

J’avais l’impression de replonger dans mon enfance. Dans mon adolescence surtout. Toute cette éducation silencieuse qu’on reçoit sans même s’en rendre compte. Ces modèles qu’on observe pendant des années sans savoir qu’ils sont en train de construire notre propre colonne vertébrale.

Le projet me titillait énormément. Mais j’hésitais aussi.

Parce qu’entre nous… mon travail est déjà bien rempli ! La Maison du Soin, les accompagnements, les formations, les ateliers, les clients, les projets, les réseaux sociaux, les idées à la minute… il y avait déjà largement de quoi occuper trois vies et demie. Et là… je m’apprêtais potentiellement à rajouter une couche. Une grosse couche !

Mais plus le temps passait, plus cette idée venait me chercher. Comme un appel discret mais persistant. Une espèce de “vas-y… tente”. Évidemment, mon mental a commencé son petit cinéma habituel.

-“Tu veux faire pareil que tes parents ?”
-“Tu veux faire mieux ?”
-“Tu veux prouver quelque chose ?”
-“Tu crois vraiment que tu as le temps ?”

Une réunion intérieure assez fatigante ! Et puis finalement, une autre réflexion est arrivée. Plus calme. Plus profonde aussi.

Et si ce n’était ni pour faire pareil… ni pour faire mieux ?
Et si c’était simplement une manière de les honorer ?

Continuer, à ma façon, cette transmission du bénévolat. Cette idée qu’on peut apporter quelque chose au collectif. Donner du temps. De l’énergie. Une présence. C’est cette pensée-là qui m’a fait dire oui.

Bon… et puis entre nous, j’y voyais aussi un terrain de jeu absolument fascinant. Parce que sortir de son milieu, c’est précieux. Moi, mon univers, c’est le soin, l’humain, l’émotionnel, le développement personnel, l’énergétique. Et là, d’un coup, je débarquais dans le monde de la banque, de la finance, des chiffres, des stratégies économiques… Autant vous dire qu’on changeait légèrement d’ambiance. Mais justement, ça me passionnait.

En numérologie, je suis 8. Et le 8, c’est le lien entre le matériel et le spirituel. Alors voilà un bon moyen de le faire ce lien

Mais comment faire le pont entre les deux sans tomber dans l’ego ?

Enfin… sans tomber complètement dans l’ego.

Parce qu’il faut arrêter deux minutes avec cette histoire de “plus d’ego”. Si on n’avait pas d’ego, on ne ferait plus grand-chose. On resterait probablement assis sur une chaise à regarder pousser des plantes vertes en silence. L’ego fait aussi avancer. Il pousse à créer. À transmettre. À oser.

Mon ego fait probablement que je vous raconte mes histoires aujourd’hui. Mais j’espère surtout qu’il sert quelque chose de plus grand que moi. Qu’il contribue, à sa petite échelle, à faire évoluer certaines réflexions, certaines prises de conscience. En tout cas, c’est mon intention.

Bref. J’ai dit oui. Et là… comment vous dire… Le bordel a commencé.

Parce qu’être présidente, ce n’est pas juste sourire élégamment autour d’un buffet avec une coupe à la main en disant : “Bonsoir Madame, ravie.” Non. Il y a un certain nombre de tâches. Beaucoup même. Dont je vais vous épargner les détails parce que sinon vous allez décrocher avant la fin de l’article.

Mais surtout… IL Y A LE DISCOURS.

Le fameux discours devant les clients, les sociétaires, les collaborateurs, certains “pontes” du Crédit Agricole… environ une centaine de personnes réunies pour les "Conviviales" de Printemps. Un grand évènement du Crédit agricole. Alors là…stress quand même.

Pourtant, dans ma vie, j’ai déjà fait beaucoup de choses. J’ai parlé devant des groupes. J’ai animé des ateliers. J’ai accompagné des gens dans des moments très intenses émotionnellement. Mais ça ? Pas ça. Parce que là, il y avait les chiffres. Et moi, les chiffres… comment dire…

Quand on commence à me parler ratios, résultats, perspectives économiques et rapports d’activité, mon cerveau décide parfois de se barrer de la pièce ! J’avais donc un déroulé à apprendre, parce que malgré tout, c’est le président qui mène la danse pendant cette soirée.

Et là, mon perfectionnisme a débarqué comme d’habitude.

Celui qui veut que tout soit impeccable.
Que la posture soit bonne.
Que la voix soit posée.
Que le rythme soit fluide.
Que personne ne voie le stress.

Sauf que problème : je n’avais pas assez de temps pour devenir en trois semaines une conférencière professionnelle spécialisée en finance bancaire. Dommage !!

Mon fils, qui fait du théâtre, m’a même donné quelques conseils sur la posture. Et honnêtement, entendre son enfant vous coacher sur votre manière de respirer avant un discours… ça remet légèrement les choses en place.

J’ai donc gardé mon texte devant moi. Oui, je sais. J’aurais préféré parler sans papier. Faire genre totalement à l’aise. Libre. Fluide. Mais ce n’est pas mon métier. Parlez-moi développement personnel, émotions, symboliques, relations humaines, et là je peux parler deux heures sans une note. Mais les chiffres… Au secours !

Alors j’ai essayé d’incarner l’Impératrice dans le tarot. Cette énergie de présence, d’assise, de confiance tranquille. Bon… extérieurement, ça allait. Intérieurement en revanche, ça vibrait dans tous les sens. Respiration, centrage, concentration.

Et là, j’ai réalisé à quel point tout ce qu’on travaille en développement personnel sert concrètement dans la vraie vie. Pas juste sur un coussin de méditation avec une bougie allumée.

Le corps parle.
Le souffle aide.
Le centrage change tout.

J’ai lu mon texte. J’ai fait le job. Et finalement… ça s’est très bien passé.

Les “pontes” sont venus me féliciter. Alors bon… je ne suis pas totalement naïve non plus. Un peu de brosse à reluire ne fait jamais de mal dans ces milieux-là. Et puis ils ont aussi besoin de nous, les bénévoles des conseils d’administration.

Mais malgré tout, j’ai senti quelque chose de sincère dans certains regards. Et surtout… Moi, je savais ce que j’avais dépassé intérieurement ce soir-là. Parce qu’au fond, ce discours n’était pas juste un discours. C’était une rencontre avec une partie de moi. Une partie héritée de mes parents. Une partie que j’avais peut-être un peu laissée de côté. Et qui revenait aujourd’hui se remettre à sa place. Et ça… ça réconcilie énormément de choses à l’intérieur.

Ce que j'ai appris :

1. Sortir de sa zone de confort est souvent un passage obligatoire. On croit toujours qu’on doit être prêt avant de se lancer. Mais la vérité, c’est qu’on grandit surtout après avoir dit oui.

2. Honorer ses parents ne veut pas dire devenir eux. On peut prolonger une transmission tout en restant profondément soi-même. Et ça, c’est probablement la version la plus saine de l’héritage.

3. Le corps ne ment jamais. Respiration, posture, ancrage, centrage… tout ce qu’on travaille intérieurement finit toujours par servir dans les moments importants de la vie.

Et finalement, cette soirée restera un très beau moment de partage. De belles rencontres. De beaux échanges. Mais surtout… je me suis sentie profondément reliée à mes deux parents. Et parfois, dans une vie, il y a des moments où certaines parties de nous se réconcilient enfin.

Celui-là en faisait partie.

Laure Fontaine

www.maison-du-soin.com
Un Retour à Soi...


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