Le jour... où j’ai compris que j’étais une sorcière !
Quand l’intuition reprend sa place : la mémoire ancienne qui guide mes mains.
Ce n’était pas une révélation dramatique mais juste une évidence, comme si une vérité très ancienne revenait frapper à la porte. Depuis toujours, mes mains savent avant moi. Quand j’ouvre un soin énergétique, quand je masse, quand je prépare un rituel… il y a ce geste juste, comme un souvenir qui remonte de je ne sais d’où…
Je me suis souvent demandé d’où venait cette précision intérieure. Et un soir, devant le documentaire « Chroniques d’un massacre » sur Arte, tout s’est éclairé. J’ai senti une vague dans mon ventre : pourchassées, torturées, brûlées pendant trois siècles… ces femmes avaient en commun exactement ce que j’utilise chaque jour dans mon métier et dans ma vie : l’intuition, le ressenti, le lien au vivant, la capacité de percevoir ce qui échappe au mental.
Ce soir-là, j’ai compris que je portais leur mémoire. Que ma manière de soigner, d’accompagner, d’écouter, s’inscrivait dans une lignée. Et qu’au fond, je n’avais jamais “inventé” ma pratique : je l’avais retrouvée.
Et oui, parfois, cette intuition glisse vers quelque chose de plus fin, de plus vaste — un espace que je pourrais nommer médiumnité, mais dans une version naturelle, simple, authentique.
Pour moi, ce n’est pas “voir l’invisible” de façon spectaculaire. C’est ressentir une information avant qu’elle n’arrive. C’est percevoir les émotions cachées. C’est sentir la vibration d’une pièce avant même d’y entrer.
Rien d’extraordinaire : juste un sens ouvert.
Un sens que beaucoup ont oublié, et que je laisse, moi, vivre pleinement.
Je réalise aujourd’hui que mon féminin profond s’exprime surtout là : dans cette capacité à écouter, à sentir, à accueillir sans comprendre immédiatement. Cette sensibilité, que l’histoire a tant malmenée, est redevenue ma force.
Dans le Tarot de Marseille, la Lune symbolise exactement cela : les rêves, les intuitions, les mouvements intérieurs. Elle éclaire doucement, jamais frontalement. Elle invite au lâcher-prise, au ressenti, à la vérité qui émerge sans effort. Je travaille dans cette énergie-là, dans cette lumière subtile qui murmure plutôt qu’elle n’impose.
Le masculin, lui, c’est le Soleil : la clarté, l’action, le concret. Et je le porte aussi, heureusement. Mon travail est une danse constante entre les deux : l’intuition qui guide, l’action qui matérialise.
Le yin qui ressent, le yang qui pose.
La Lune qui inspire, le Soleil qui réalise.
Chaque jour à La Maison du Soin, je rencontre des personnes qui reviennent vers elles-mêmes, qui redécouvrent leur sensibilité, leur profondeur, leur part lunaire.
Et moi, je continue ce chemin, humblement, avec mes mains, mon ressenti, mes perceptions fines.
Plus j’avance, plus j’assume que l’intuition est le cœur de ma pratique.
Elle est ce qui donne du sens à mes soins.
Elle est ce qui me rend vraie.
Elle est ce qui m’a permis de retrouver ces mémoires anciennes, et de les transformer en force vivante.
Je crois profondément que l’équilibre de demain se crée ici : dans la réconciliation de nos deux pôles, dans l’accueil de cette intuition que nous portons tous, dans la reconnaissance de ce féminin subtil que l’on a trop longtemps réduit au silence.
Et si, enfin, nous apprenions à marcher avec nos deux énergies unies ?
À écouter autant qu’à agir ?
À ressentir autant qu’à comprendre ?
Moi, j’ai choisi d’embrasser les deux.
Et je sens, chaque jour un peu plus, que c’est là que se trouve notre vraie puissance.

Bonsoir Laure,
RépondreSupprimerVraiment vous devriez écrire un livre car vous nous transportez dans votre ressenti et on vous lit avec plaisir. Vous nous portez par vos mains et vos récits.
Amicalement Alain.